Les pratiques rituelles autour de la mort
Veillée, pleureuses, offrandes, tombes et cercles de pierres : comment les Sérères accompagnent leurs défunts vers l'au-delà.
À retenir
- Le corps reste traditionnellement une nuit dans la concession avant l'enterrement.
- Des pleureuses initiées au deuil accompagnent le défunt jusqu'à sa dernière demeure.
- On déposait près du mort de l'eau, de la nourriture et des objets pour son voyage.
- Les célèbres cercles mégalithiques de Sénégambie, inscrits à l'UNESCO, sont des sites funéraires attribués aux ancêtres des Sérères.
Si la mort est un voyage vers le Jaaniiw, le séjour des ancêtres, alors il faut bien préparer le voyageur. Les rites funéraires sérères ont ce but : honorer le défunt, l'aider à être accueilli par les ancêtres et consoler la famille.
Les étapes des funérailles traditionnelles
Les pleureuses
Les pleureuses jouent un rôle important. Ce ne sont pas simplement des femmes qui pleurent : elles sont initiées au deuil. Par leurs chants, elles racontent la vie du défunt, rappellent ses qualités, ses exploits et sa lignée. Elles aident aussi la famille à exprimer sa peine. Leur chant transforme la douleur en hommage.
Préparer le voyage du défunt
Parce que le mort continue d'exister, on prenait soin de ses besoins. On déposait près de sa tête un récipient d'eau, pour qu'il puisse boire s'il avait soif, ainsi que de la nourriture et des offrandes. Les grands personnages, surtout les rois, étaient enterrés avec des objets précieux : bijoux en or ou en argent, armes, objets personnels.
Selon les sources, les corps des personnes de haut rang étaient autrefois préparés avec soin pour mieux se conserver, afin de les préparer au Jaaniiw. Ces pratiques sont devenues rares aujourd'hui.
Les tombes et les maisons funéraires
Dans le pays sérère, les anciennes tombes avaient souvent la forme d'un tertre (une butte de terre), parfois comparé à une petite pyramide. Certaines communautés sérères construisaient aussi des maisons funéraires, de petites cases au-dessus de la tombe.
Ces maisons funéraires ont aidé les archéologues à comprendre un site exceptionnel : les cercles de pierres de Sénégambie.
Les cercles mégalithiques de Sénégambie
Le long du fleuve Gambie, entre le Sénégal et la Gambie, se trouvent plus de mille monuments de pierre. Les cercles mégalithiques de Sénégambie sont inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2006.
Les historiens attribuent la construction de ces cercles aux ancêtres des Sérères, en partie parce que les communautés sérères utilisaient encore des maisons funéraires semblables à celles retrouvées à Wanar. Ces pierres sont un témoignage spectaculaire du respect des morts dans cette région, depuis plus de mille ans.
Le baptême : ne pas ôter une vie pour en accueillir une
Le respect de la vie se voit aussi à l'autre bout de l'existence. Selon la tradition rapportée par les anciens, les Sérères ne tuaient pas de mouton ni de chèvre lors des baptêmes : on ne doit pas accueillir une vie en ôtant une autre vie. On préparait plutôt du laax (bouillie de mil) et du lait caillé pour fêter le nouveau-né.
Sources
- Thierno Diouf, « La mort chez les populations sérères », sur ce blog.
- UNESCO, « Cercles mégalithiques de Sénégambie » (patrimoine mondial, 2006).
- Wikipédia : « Religion sérère », « Cercles mégalithiques de Sénégambie ».
La série sur la mort chez les Sérères
- 1. Qu'est-ce que la mort pour les Sérères ?
- 2. Les pratiques rituelles autour de la mort (vous êtes ici)
- 3. Les morts sont-ils morts ? Le culte des ancêtres
- Quelques cultes anciens